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OiseauxPeau et pelageComportement

Mon oiseau s’arrache les plumes


Le picage est un signe, pas un diagnostic. On écarte d’abord les causes médicales, et seulement ensuite on parle d’environnement et de comportement.

Est-ce une urgence?

Si l’oiseau a dépassé les plumes et ouvert la peau, s’il saigne ou s’il ronge sans arrêt le même endroit, amenez-le le jour même. Une peau ouverte s’infecte vite et un oiseau supporte bien moins bien la perte de sang qu’un chat ou un chien.

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Le picage n’est pas un nom de maladie. C’est un oiseau qui arrache, casse ou ronge ses propres plumes, et les raisons sont variées; une bonne part d’entre elles sont médicales. «Il s’ennuie» est l’explication la plus facile, et rarement la première à examiner.

D’abord, ce qui n’est pas du picage

Une ou deux fois par an, l’oiseau mue: en quelques semaines les plumes tombent et repoussent de façon régulière. L’oiseau est irritable, dort davantage et se lisse beaucoup parce que l’étui des nouvelles plumes le démange. Pendant la mue la peau reste couverte et la perte est symétrique.

Le picage est asymétrique et limité à ce que le bec atteint: poitrine, dessous des ailes, pattes, bas du dos. La tête et la nuque restent parfaitement emplumées, car l’oiseau ne peut pas y accéder. Une perte de plumes sur la tête signifie que la cause n’est probablement pas le picage et demande un examen à part.

Les causes médicales s’écartent en premier

Chez une bonne partie des oiseaux que nous voyons pour du picage, il y a une cause physique dessous. Les plus fréquentes:

  • Maladies de la peau et du follicule. Tout ce qui démange renvoie l’oiseau vers ses plumes.
  • Parasites internes. Chez la perruche ondulée et la calopsitte, la giardiose peut se manifester par des démangeaisons et du picage.
  • Maladie du foie. La stéatose est fréquente chez les oiseaux nourris uniquement de graines et abîme la qualité du plumage.
  • Carence alimentaire. Millet et tournesol seuls laissent l’oiseau en manque de vitamine A, ce qui se voit sur la peau et les plumes.
  • Affections respiratoires. Un oiseau mal à l’aise se triture.
  • Stimulation hormonale permanente. Journées longues, miroir en permanence, caresses le long du dos et cachettes en forme de boîte peuvent maintenir l’oiseau en condition de reproduction toute l’année.

La première étape est donc l’examen. On regarde la peau, on analyse les fientes, on fait une prise de sang si cela se justifie. Parler de comportement avant de connaître la cause fait généralement perdre du temps.

Trois choses oubliées dans l’environnement

Le sommeil. Un oiseau a besoin de dix à douze heures d’obscurité et de calme. Une cage au salon avec la télévision allumée ne le permet pas, et le manque de sommeil chronique se traduit par de l’agitation et du picage.

Le bain. Sans bain régulier, la peau se dessèche. Une brumisation d’eau tiède plusieurs fois par semaine, ou une coupelle peu profonde où l’oiseau peut entrer, suffit à la plupart.

De quoi s’occuper. Un oiseau seul dans sa cage, sans rien à ronger et sans personne de la journée, fait de son propre corps une occupation. Des branches fraîches, des matériaux à déchirer et des dispositifs où la nourriture ne se trouve pas d’emblée sont la réponse.

Ce qu’il ne faut pas faire soi-même

La collerette est la première idée qui vient, et seule elle est une erreur. Elle ne supprime pas la cause, gêne l’alimentation et l’équilibre, et chez la plupart des oiseaux augmente le stress. Si elle est nécessaire, elle se pose après un examen et à la bonne taille.

Les sprays au piment ou chimiques décrits sur internet irritent la peau et aggravent le problème.

Quand appeler

  • Si la peau est ouverte, s’il y a du sang ou si l’oiseau ronge un même endroit
  • Si la perte de plumes s’accompagne d’une baisse d’appétit, de fientes modifiées ou d’un oiseau devenu silencieux
  • Si des plumes manquent aussi sur la tête et la nuque
  • En cas de changement de la respiration

Le picage se gère quand on s’en occupe tôt. Devenu une habitude, le comportement peut persister même après la résolution de la cause, et c’est pourquoi attendre ne sert à rien.