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Stérilisation du chat et du chien: cinq idées fausses, avant et après


À quel âge stériliser, si cela change le caractère, la question du poids, ce que comprend une intervention correcte, et les soins postopératoires.

Stérilisation: avant et après
  1. 8 à 12 heures avant

    On retire la nourriture

    L’eau reste disponible jusqu’à quelques heures avant. Les jeunes et les diabétiques diffèrent, nous vous le précisons.

  2. Le jour même

    Examen et anesthésie

    Un examen d’abord, un bilan sanguin si indiqué. Rythme cardiaque, respiration, oxygène et température surveillés.

  3. Le jour même

    Retour à la maison

    L’animal rentre le jour même ou après une nuit chez nous. La douleur est prise en charge.

  4. Les 10 premiers jours

    Ni léchage ni saut

    Collerette ou combinaison indispensable. Sauts et escaliers limités dix jours. Petites portions le premier jour.

  5. 10 à 14 jours

    Retrait des fils

    Contrôle et retrait des fils. Appelez sans attendre si la plaie s’ouvre, gonfle, suinte, ou si l’appétit manque plus d’un jour.

La stérilisation est l’intervention programmée la plus fréquente chez le chat et le chien, et celle qui suscite le plus d’idées fausses. Voici les cinq questions qu’on nous pose le plus, puis ce qui se passe avant et après l’intervention.

1. Peut-on stériliser avant la puberté

Oui. La pratique actuelle retient cinq à huit mois comme fenêtre adaptée chez le chat et chez de nombreux chiens. Il n’est pas nécessaire d’attendre les premières chaleurs.

Une chirurgie plus précoce est techniquement plus simple: vaisseaux plus fins, moins de graisse abdominale, intervention plus courte, tissus moins manipulés. Les jeunes animaux cicatrisent aussi plus vite.

L’âge exact n’est pas le même pour tous. Chez les chiens de grande et très grande race, on peut préférer attendre la fin de la croissance osseuse, les hormones sexuelles influençant la fermeture des cartilages. La décision se prend selon l’espèce, la race, le développement et l’état de santé.

2. Cela les rend-il agressifs

Non, et c’est généralement l’inverse.

Entre cinq et huit mois, les animaux atteignent la puberté et les hormones se mettent à gouverner le comportement: fugues, évasions, appels incessants, marquage urinaire, bagarres, accidents de la route et portées non désirées. Chez les chats mâles non castrés, marquage et bagarres se poursuivent en général tant qu’ils restent entiers.

La stérilisation réduit ces comportements hormonaux, et les animaux stérilisés sont en général plus calmes et plus réceptifs à l’éducation.

L’agression liée à la peur est un sujet distinct, sans lien avec la stérilisation, et demande une évaluation comportementale plutôt qu’une chirurgie.

3. Cela pose-t-il des problèmes plus tard

Il existe un effet réel: les besoins énergétiques baissent nettement après la stérilisation. Si l’aliment reste le même, l’animal grossit, et l’excès de poids prépare maladies articulaires, diabète et troubles urinaires.

La solution est simple: passer à un aliment formulé pour animaux stérilisés et ajuster la ration. La prise de poids n’est pas une conséquence inévitable de la stérilisation; c’est la conséquence de ne pas avoir ajusté l’alimentation.

En regard, la stérilisation réduit nettement le risque de tumeurs mammaires et supprime le pyomètre, infection utérine grave nécessitant une chirurgie d’urgence chez les femelles âgées non stérilisées. Chez le mâle, elle supprime le risque de tumeur testiculaire et réduit les affections prostatiques.

4. Est-il raisonnable de choisir le moins cher

Une stérilisation bon marché n’est pas une stérilisation sûre. La différence se joue rarement sur la chirurgie elle-même, mais sur ce qui l’entoure.

Une stérilisation correctement conduite comprend:

  • Un examen préopératoire
  • Un bilan sanguin quand il est indiqué, confirmant que foie et reins peuvent métaboliser les produits anesthésiques
  • Un protocole anesthésique calculé pour cet animal
  • Une surveillance de la fréquence cardiaque, de la respiration, de la saturation en oxygène et de la température pendant toute l’intervention
  • Une gestion de la douleur après
  • Un contrôle postopératoire et le retrait des fils

Demander le prix est légitime. La deuxième question est de savoir ce qu’il comprend.

5. Deviennent-ils dépressifs

Les animaux ne construisent pas la reproduction comme un but de vie; c’est une pulsion déclenchée par les hormones. Quand la source hormonale disparaît, il n’y a pas de perte à porter.

Le calme observé un ou deux jours après est l’effet de l’anesthésie et de la chirurgie, et il passe. Un abattement de plus de deux jours, ou accompagné de perte d’appétit, de vomissements ou de fièvre, n’est pas l’évolution normale et doit être signalé.

Avant l’intervention

L’animal doit être en bonne santé le jour même. Si les vaccinations sont incomplètes ou le traitement antiparasitaire non fait, l’intervention est généralement reportée.

Chez l’adulte, la nourriture est retirée huit à douze heures avant, l’eau restant disponible jusqu’à quelques heures avant. Chez les jeunes animaux et les diabétiques, les délais diffèrent et nous vous les indiquerons.

Amenez les chats en caisse fermée et les chiens en laisse. Si une femelle est en chaleur, signalez-le avant: les tissus sont alors plus vascularisés et l’intervention peut être reportée.

Après l’intervention

L’animal rentre le jour même ou après une nuit chez nous. À la maison:

  • Empêchez-le de lécher la plaie. La collerette ou la combinaison n’est pas optionnelle; une plaie léchée s’ouvre et s’infecte.
  • Donnez de petites portions le premier jour. Un gros repas après une anesthésie provoque des vomissements.
  • Limitez sauts et escaliers une dizaine de jours.
  • Contrôlez la plaie une fois par jour.
  • Les fils se retirent en général après dix à quatorze jours.

Appelez sans attendre si vous voyez la plaie s’ouvrir, gonfler ou couler, des vomissements répétés, une absence d’appétit de plus de vingt-quatre heures, de l’abattement ou de la fièvre.